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François Truffaut naît le 6 février 1932. Cet
enfant naturel ne rencontrera jamais son père biologique. Il est
élevé par sa mère, Janine, qui ne l’a jamais
accepté et par son mari, le père adoptif de Truffaut,
Roland Truffaut. François tente d’échapper à une
enfance difficile et rebelle par l’avidité de ses lectures et la
fréquentation régulière des salles de
cinéma. Sa passion des films le conduit à créer un
club de cinéma à l’âge de 16 ans, mais il s’ensuit
des dettes, des ennuis avec la police et une désaffection de ses
parents. Quelques années plus tard, au cours de son service
militaire en Allemagne, sa désertion lui vaudra de
connaître un certain temps la prison militaire.
Avec le soutien du critique André Bazin, la fortune de
François Truffaut prend un tour meilleur. Dans les années
50, il entame une carrière brillante, mais controversée,
en tant que critique de films, pour Les Cahiers du cinéma. Dans
un article intitulé « Une certaine tendance du
cinéma français », publié en janvier 1954,
Truffaut lance une attaque virulente contre la vieille garde du
cinéma français, dont les goûts sont
représentés par Jean Delannoy et Claude Autant-Lara.
Cette diatribe participe à accélérer le
bouleversement majeur qui s’opère au sein de l’industrie du film
français et qui coïncide avec l’arrivée d’une
nouvelle génération de jeunes cinéastes
doués et impatients de se faire un nom. Cette nouvelle vague de
réalisateurs donne son nom aux années excitantes et
innovantes que va bientôt connaître le cinéma
français. Truffaut lui-même, ainsi que les amis avec
lesquels il se lie lors de sa collaboration aux Cahiers du
cinéma, tels que Jean-Luc Godard, Claude Chabrol et Éric
Rohmer, vont jouer un rôle essentiel dans la Nouvelle Vague
française.
Truffaut réalise deux courts-métrages avant de s’attaquer
en 1959 à son premier grand film, Les Quatre cents coups. Cette
fiction poignante et à moitié autobiographique s’inspire
des expériences mouvementées que Truffaut a connues lors
de son adolescence. Ce film constitue le premier épisode d’une
série de cinq que le cinéaste va réaliser au cours
des vingt années qui suivront et qui mettra en scène
l’alter ego de Truffaut, Antoine Doinel, interprété par
le merveilleux Jean-Pierre Léaud.
Bien que le budget ait été très serré, Les Quatre cents coups se
révèle être un succès populaire. En 1959, le
film vaut à son auteur le Grand prix de la mise en scène
au festival de Cannes et une réputation de réalisateur
sérieux. Grisé par ce succès, Truffaut se laisse
aller à sa passion pour les polars américains avec le
film suivant, Tirez sur le pianiste.
Considéré de nos jours comme un chef-d’œuvre, ce
long-métrage, sorti en 1960, est un échec commercial, ce
qui entame fortement la confiance en soi de Truffaut.
Conscient que pour réussir en tant que réalisateur, ses
films se doivent de plaire au public, Truffaut choisit avec le plus
grand soin le sujet de son prochain film. Il a longtemps
réfléchi à adapter la nouvelle de Henri-Pierre
Roché, « Jules et Jim », et à présent,
fort de l’expérience de deux films, il se sent prêt
à relever le défi. Ce sera le meilleur film de Truffaut,
un tableau de l’amitié et de l’amour impliquant deux amis et
leur compagne commune, interprétée magnifiquement par
Jeanne Moreau. Jules et Jim obtient un
succès international et marque l’apogée de la
carrière du cinéaste.
Son film suivant, La Peau douce, est une autre
œuvre romantique évoquant un amour à trois malheureux,
mais elle est loin de remporter le succès de Jules et Jim. Au cours des quelques
années à venir, la carrière de Truffaut va marquer
le pas, occupé qu’il est à travailler à la
biographie de son héros, Alfred Hitchcock. Dans le même
temps il se démène pour que son projet d’adapter au
cinéma « Farenheit 451 » puisse se
concrétiser. La science-fiction, comme les romans policiers
américains, est un genre qui plait à Truffaut, encore que
l’expérience de Farenheit 451 le dissuadera de
refaire un film sur ce sujet.
Après un autre polar plutôt moyennement accueilli, La Mariée était en noir,
Truffaut renoue avec sa popularité passée grâce au
troisième volet de la série consacrée à
Antoine Doinel, Baisers volés. Le film,
une charmante comédie romantique, avec pour vedettes Jean-Pierre
Léaud et Claude Jade, est un grand succès, non seulement
en France, mais aussi à l’étranger et tout
particulièrement aux Etats-Unis. L’ironie veut qu’à cette
époque Truffaut soit plongé dans les
événements politiques tumultueux de 1968, notamment en
soutenant la campagne en faveur de Henri Langrois afin qu’il recouvre
son poste de directeur de la Cinémathèque
française.
Pour le film suivant, La Sirène du Mississippi,
un autre polar dans la veine américaine, Truffaut dirige deux
des principaux acteurs français, Catherine Deneuve et Jean-Paul
Belmondo. Malgré ces deux têtes d’affiche, le film est un
fiasco. Dans les années qui suivent, le travail du
cinéaste connaît une riche diversité, dont le film
historique poignant, L’Enfant sauvage (1969), la
sortie d’un autre Antoine Doinel, Domicile
conjugal (1970) et l’adaptation ambitieuse des Deux
anglaises et le continent (1971). Dans Une belle fille comme moi
(1972), Truffaut réalise sa seule et unique comédie
noire, un mélange bizarre entre polar et comédie, qui
donne la première place à l’interprétation
magnifique de Bernadette Lafont, une actrice aimée des
réalisateurs de la Nouvelle Vague.
En 1973, Truffaut remporte l’Oscar du meilleur film étranger
avec La Nuit américaine, une
folle comédie sur le cinéma, dans laquelle il tient un
des rôles principaux et déploie ses talents d’acteur
accompli. Il s’ensuit un autre film historique ambitieux, L’Histoire d’Adèle H (1975)
avec Isabelle Adjani dans le rôle vedette, puis une étude
irrésistible sur de jeunes enfants, L’Argent
de poche (1976).
Le film suivant, qui peint de façon insolite le portrait un
homme obsédé par les femmes, L’Homme qui aimait les femmes
(1977), obtient un autre succès populaire. Il reflète les
difficultés que Truffaut connaît dans sa propre vie
amoureuse, laquelle est jalonnée de liaisons intenses et
passionnées, souvent avec les vedettes de ses films, parmi
lesquelles Jeanne Moreau, Françoise Dorléac, Catherine
Deneuve, Isabelle Adjani.
La
Chambre verte (1978) rend, consciemment ou inconsciemment,
hommage aux amis chers que Truffaut a perdu au cours des
dernières années. Ce film sombre et profond ne
connaît pourtant pas un grand succès commercial.
Contrastant totalement avec lui, L’Amour en fuite (1979)
clôt la série Antoine Doinel. Bien que ce dernier
épisode puise en partie dans les premiers films du
réalisateur, et que celui-ci soit loin d’être satisfait du
résultat final, le film est un succès.
Le fiction suivante, Le Dernier métro (1980)
sera le dernier succès de Truffaut auprès du public et
auprès de la critique. Le film se déroule dans un
théâtre au cours de la Seconde Guerre mondiale et a pour
tête d’affiche Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. Lors
de la cérémonie des Césars de la même
année il remporte là encore un grand succès
raflant pas moins de dix prix, dont celui du meilleur film, du meilleur
réalisateur, du meilleur acteur, de la meilleure actrice et du
meilleur scénario.
Truffaut fait une nouvelle fois appel à Gérard Depardieu
pour La Femme d’à côté
(1981), œuvre qui dresse un tableau remarquablement noir de l’amour
obsessionnel. Fanny Ardant, l’une des vedettes du film, deviendra la
compagne du cinéaste et lui donnera son troisième enfant.
On retrouve l’actrice dans l’ultime film, Vivement
dimanche! (1983), un polar comique dans lequel l’admiration
que voue le réalisateur à Hitchcock est plus que
perceptible.
En plus de sa qualité de réalisateur, François
Truffaut est aussi un acteur honorable. Il apparaît dans
quelques-uns de ses films, tout particulièrement dans L’Enfant sauvage. En 1977, il joue
également dans le film de Spielberg, Rencontres du troisième type.
Peu après la fin du tournage de son dernier film, Vivement dimanche! (1983), Truffaut
est atteint d’une tumeur cérébrale. Après un lent
déclin, il s’éteint le 21 octobre 1984 à
l’hôpital américain de Neuilly. Il avait 52 ans.
La variété des sujets traités au sein de l’œuvre
de François Truffaut est importante : polar noir, comédie
romantique, idylle tragique, science-fiction, portrait de
l’adolescence, et film historique. Cette grande diversité
thématique est fédérée par deux
éléments qui font de l’oeuvre de Truffaut un ensemble
cohérent, à savoir une humanité sincère et
un contenu autobiographique. Au cours de sa vie, Truffaut a eu trois
grandes passions : les femmes, le cinéma et les romans policiers
américains. Ces passions ont tellement fait partie de sa vie
qu’il n’est pas surprenant de les voir représentées de
manière si intense dans ses films. Truffaut a été
également un grand humaniste ; il a soutenu de nombreuses causes
nobles en faveur des enfants. Cette humanité est aussi une part
essentielle de ses films.
En dépit de sa mort prématurée, François
Truffaut a eu un impact immense dans le monde du cinéma et ses
films connaissent un engouement durable auprès du public. De
manière plus significative, il s’est employé par tous les
moyens à promouvoir l’idée que le réalisateur
était aussi un auteur, ce qui lui vaut d’inspirer les
générations futures de réalisateurs
indépendants.
© James Travers 2002
Traduction de Jean-Claude Rossini
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Le Réalisateur
François Truffaut a réalisé ces films:
Une visite (1955)
Les Mistons (1957)
Les Quatre cents coups (1959)
Tirez sur le pianiste (1960)
Une histoire d'eau (1961)
Tire-au-flanc (1962)
Jules et Jim (1962)
Antoine et Colette (1962)
La Peau douce (1964)
Fahrenheit 451 (1966)
La Mariée était en noir (1967)
Baisers volés (1968)
La Sirène du Mississippi (1969)
L'Enfant sauvage (1969)
Domicile conjugal (1970)
Les Deux anglaises et le continent (1971)
Une belle fille comme moi (1972)
La Nuit américaine (1973)
L'Histoire d'Adèle H (1975)
L'Argent de poche (1976)
L'Homme qui aimait les femmes (1977)
La Chambre verte (1978)
L'Amour en fuite (1979)
Le Dernier métro (1980)
La Femme d'à côté (1981)
Vivement dimanche! (1983)
L'Acteur
François Truffaut est apparu dans ces films:
Les Quatre cents coups (1959)
Tire au flanc (1961)
L'Enfant sauvage (1969)
Les Deux anglaises et le continent (1971)
La Nuit américaine (1973)
L'Histoire d'Adèle H (1975)
L'Argent de poche (1976)
L'Homme qui aimait les femmes (1977)
Close Encounters of the Third Kind (1977)
La Chambre verte (1978)
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